
Une fois quelques soucis techniques écartés, même s’ils ne sont pas à minimiser, reflétant à mon avis des dérives libérales/individualisantes de notre société, je découvre un grand plaisir à revêtir certains soirs, mon costume de spatio.not. Mes passages sur la toile étaient dédiés à de la recherche d’informations, comme si internet n’était qu’une grande bibliothèque un peu dépareillée.
Dès que j’ai pris un peu le temps de flâner, j’ai découvert des espaces de parole absolument épatants. Quel réconfort suite à de nombreuses désillusions face aux médias appelés traditionnels, je finissais par croire que la seule émission intéractive, radio, télé et journaux confondus, était "La bas si j’y suis" de Daniel Mermet sur France Inter à une heure impossible à écouter (15h à 16h) depuis cette année. En effet, je pense que c’est une des seules émissions ou les radio.not (auditeurs) ont une parole entière. Dans les autres émissions, les visiteurs sont cantonnés à poser des questions à l’invité, qui a le droit de réponse mais n’offre que très rarement le droit de riposte... Grâce au site pirate de "La bas si j’y suis" je peux écouter tranquillement les émissions sur mon baladeur "mp3", mais surtout je découvre des espaces de parole, enfin...
Effectivement quel bonheur de lire sur des sites tels que Agoravox , CQFD , Linuxfr, des échanges, des débats et surtout de pouvoir les lire en prenant du recul sur le direct, et cerise sur le gâteau, de pouvoir aussi à son tour commenter ces lectures... L’internaute ou spatio.not n’est pas passif, et sa prise de parole n’est pas hypothétique : si l’on veut réagir, l’espace de parole existe ! Par contre, il n’est pas aisé, en tout cas pour ma part de se débarrasser de ses à priori ou de ses réserves ; "ce que j’ai à dire n’est pas intéressant" est un peu la rengaine, et pas seulement dans ma cervelle je suppose...
L’article (ou émission dans le cas de la radio) n’a d’existence que par les voix de ceux qui le lise (ou l’écoute). C’est ces lectures qui éclairent, qui révèlent une certaine idée placée dans cet inter.not collectif...
Peut être ce partage d’écriture n’est il pas si dérisoire qu’il en a l’air, c’est un essai parmi d’autres de construction d’une expression collective ou partagée (et pas accaparée par ceux qui font les médias). Je lisais, avant hier soir le blog de Tataiza, et son article La rage, poignant, sur un blog de cuisine au départ (et aussi Un monde meilleur ) ... Iza ne renie pas sa passion de la cuisine et de partager sur cette thématique (si je comprends bien ce que tu écris Iza !!!), mais s’intérroge sur le sens du partage ressenti à travers cette expérience...
Echanger, partager, ne sont pas des actes anodins et ils me semble que l’on se sent souvent infériorisé car nous n’abordons pas toujours des sujets dits (ou décrétés par certaines élites) sérieux... La force collective ne peut pas se décréter, elle se construit dans la durée, à l’image de ce que j’ai essayé d’exprimer dans Service Après Don . Spip Contrib ne va pas révolutionner notre monde, mais la philosophie qu’il propose me semble source d’espoir, même si dans la pratique ce site permet d’échanger en apparence des lignes de code informatique. C’est en vivant ces règles de liberté de prendre, de don et de service après don que j’entrevoie une réalité dans des conceptions de la vie économique que je ne faisais qu’imaginer auparavant, ou pratiquer uniquement dans mon cercle d’amis.
Je veux croire en ces petites briques qui construisent un monde qui ne laissent pas mourir de faim "les autres" devant ses barrières, un monde ou "l’autre" n’est pas ennemi... L’expérience sur ces sites me montre aussi qu’il ne faut pas écarter les "préjugés positifs". Le partage n’est pas évident, même pour les personnes impliquées dans le travail social ou l’éducation populaire. La voix unitaire remplace souvent la diversité des paroles, et montre, à mon avis l’imprégnation d’un discours sécuritaire pourtant combattu avec véhémence... J’illustre ici mon propos par le fait que j’entends souvent la peur d’ouvrir un site aux commentaires des visiteurs ("de l’autre"), qui n’auraient rien d’intéressant à dire (ou plutôt qui risqueraient de bousculer certaines certitudes ??). Le discours sécuritaire induirait même que les commentaires ne seraient qu’insultes ou autres abominations. Internet est en effet dangereux pour ceux qui monopolisaient l’espace de parole public auparavant...
Soyons utopiques, et pas seulement en tant que spatio.not...
Article publié dans:
/uto.not
le samedi 18 novembre 2006 à 23:21
par
pascal
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moi aussi j’écoutais "Là bas" à 17h... je suis aussi abonnée au site pirate, mais j’avoue que je trouve moins de temps pour écouter les émissions... mais c’est trop bien que ça existe !
Merci pour avoir lu et cité mon texte...
ben oui, je crois à toutes ces petites choses...et tous les jours mes ballades sur la toile me bougent un peu plus.
Rien que pour ça, j’y trouve de quoi espérer ! et de quoi nous remettre toujours en cause !!
merci en tous cas pour ce nouvel espace de parole, c’est bien chouette chez toi (oups, chez vous !).
à bientôt
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